Douglas Kennedy, les charmes de la vie conjugale
Le dernier roman de Douglas Kennedy
« Aux États-Unis, des années 60 à nos jours. Mouvements des droits civiques, manifestations anti-guerre, libération sexuelle, les premiers hallucinogènes… l'Amérique des sixties était une ère de radicalité. Être jeune, c'était être engagé. C'était se rebeller contre les principes réacs de ces vieux cons de parents. C'était vouloir changer le monde. Pas Hannah Buchan. Pour son célèbre agitateur de père, pour son artiste de mère, Hannah est une vraie déception. Au lieu de grimper sur les barricades et de se fondre dans l'ébullition sociale, elle n'a d'autre ambition que d'épouser son petit ami médecin et de fonder une famille. Installée dans une vie étriquée et morne de femme de médecin dans une petite ville du Maine, Hannah goûte aux charmes discrets de la vie conjugale. C'est alors que le hasard lui offre l'occasion de sortir du carcan de son quotidien : malgré elle, Hannah va se rendre complice d'une grave enfreinte à la loi.
Pendant près de trente ans, cette seule erreur restera un secret bien enfoui. Mais après le 11 septembre vient le temps du doute, de la remise en question et de la suspicion, et le passé d'Hannah va ressurgir inopinément. Du jour au lendemain, son petit monde soigneusement protégé va s'écrouler. » Lire
La critique:
Ici Douglas Kennedy prend son temps : le temps d’installer ses personnages, mais surtout le temps de placer ses pions, qui s’écrouleront un à un dans la deuxième partie. Le roman devient alors une critique sans concession de cette société américaine que Kennedy a fui : la presse, la religiosité du pays et la soit-disante bonne morale américaine sont descendu en flamme à travers Hannah Buchan, qui devient enfin héroine. Alors oui, le roman est efficace et intelligent mais il est aussi extrêmement négatif. La vie en couple semble être une convenance à laquelle chacun se plie et surtout, se perd ; les gauchistes ne réussissent pas plus à mener leur vie idéale que les puritains évangélistes, et aucun des personnages ne semblent trouver la recette pour être heureux dans cette société où tout le monde s’épie, se juge et pense détenir LA vérité. Un Douglas Kennedy très en forme mais pas des plus optimistes : romantiques et idéalistes s’abstenir…