la reussite d'un label de musique classique
L'étonnante réussite de Naxos
LE MONDE | 27.12.05 | 13h04 • Mis à jour le 27.12.05 | 13h07
Ils étaient peu nombreux, il y a quinze ans, à croire en Naxos, une toute nouvelle marque de disques classiques à l'apparence austère et même pauvre, aux têtes d'affiche peu connues. Ce label, fondé en 1987 et distribué en France à partir de 1991 (d'abord par Media 7, puis par Naïve, aujourd'hui par Intégral Distribution), venait narguer le marché du disque classique en proposant de vraies nouveautés (et non des rééditions de fonds de catalogue) à prix « budget », c'est-à-dire, au tarif actuel, à 7,50 € en moyenne, presque deux fois moins cher que le « mid price » et trois fois moins que le « full price », comme le jargon du métier désigne les trois tarifications principales en vigueur.
Le perturbateur qui propulse Naxos dans le monde feutré et jaloux du disque classique s'appelle Klaus Heymann. Il est allemand, installé à Hongkong depuis 1967, et il a compris, beaucoup plus tôt que les autres, que le marché du disque va s'essouffler. Les acheteurs ne manquent pas, mais beaucoup de labels « majors » qui tenaient le haut du pavé sont frappés de surcharge pondérale : lourdeur des équipes, importance du marketing, contrats avantageux pour certains artistes qui coûtent davantage qu'ils ne rapportent...
Klaus Heymann a-t-il aussi deviné que de nombreux solistes, chefs et orchestres de renom vont se trouver bientôt sans contrat discographique, qu'ils seront moins gourmands financièrement ? Qu'ils accepteront même, pour sauvegarder ce qui est une indispensable carte de visite internationale, de mettre la main à la poche pour voir leurs disques publiés ?
Renaud Machart et Marie-Aude Roux