Google, la machine du futur part II
Google met la télé dans son moteur
Le géant américain du Net, qui aspire à devenir vidéothèque universelle, stocke déjà des milliers d'heures de programmes, avant même d'en avoir les droits.
par Christophe ALIX
QUOTIDIEN : mardi 26 juillet 2005
Mountain View (Californie) envoyé spécial
Jusqu'où ira Google ? Onze mois après son introduction sur le Nasdaq new-yorkais, le parcours du moteur de recherche le plus célèbre de la Toile ne cesse de surprendre. En dépit d'une légère érosion de l'action ces derniers jours, Google a vu son bénéfice quadrupler au deuxième trimestre (284,27 millions d'euros contre 66 millions d'euros, il y a un an sur la même période), avec un chiffre d'affaires dépassant le milliard de dollars pour le troisième trimestre consécutif. L'annonce fin juin du lancement en test d'un énième service de recherche, «Google Earth», consacré cette fois aux photos-satellite qui permettent de zoomer sur n'importe quel point de la planète depuis son écran, avait provoqué une nouvelle poussée de fièvre boursière, valorisant la société à 85 milliards de dollars, au-delà du numéro un mondial des médias Time Warner. L'ancienne start-up, fondée par deux thésards de Stanford, reste sur une progression de 250 % depuis son entrée en Bourse, il y a moins d'un an, et rares sont les analystes qui épousent la thèse de Steve Ballmer, le patron de Microsoft, selon lequel «Google est une bulle sur le point d'exploser».
Droits d'auteur. Ces dernières semaines, le «moteur» à l'origine de quatre recherches sur cinq sur le Web, semble passer à la vitesse supérieure dans sa quête de recension de toutes les informations numérisées et disponibles en ligne : textes, images, cartes, photos, sons, vidéo, etc. Grâce à sa technologie d'achats de mots clés lancée dès 2000 (1), son chiffre d'affaires publicitaire devrait représenter 1,5 fois celui du New York Times en 2005. Google a également entrepris la numérisation, très controversée en Europe, d'une quinzaine de millions d'ouvrages dans le monde pour laquelle il semble néanmoins éprouver quelques problèmes liés aux droits d'auteur. Il s'attaque maintenant à de nouveaux marchés encore balbutiants mais aux potentiels tout aussi prometteurs.