Mort de Wilson Pickett

Publié le par lezarder


Avec Wilson Pickett, qui a succombé jeudi à l'âge de 64 ans à un arrêt cardiaque, disparaît non seulement une légende de la "soul music" mais aussi un personnage haut en couleurs, qui représentait la face incandescente et sulfureuse de la soul music.

Wilson Pickett a gravé une série de succès mémorables, tels "In the midnight hour" -- repris en 1966 en France par Johnny Hallyday sous le titre "Jusqu'à minuit" -- , "Mustang Sally", "Funky Broadway", "Land of thousand dances".

Wilson Pickett, né le 18 mars 1941 à Prattville, quitte adolescent cette bourgade de l'Alabama pour la ville industrielle de Detroit. Il est l'archétype du chanteur soul sudiste, musique directement issue du gospel, dont James Brown, Joe Tex, Otis Redding ou Aretha Franklin sont d'autres symboles.

Voix rugueuse, chant véhément et frénétique, style musclé, caractérisent ce "Shouter" ("Hurleur"), dont même les rares ballades ("Hey Jude", reprise des Beatles, 1969) qu'il a interprétées "chauffaient" irrésistiblement. Autant de caractéristiques qui lui ont valu le surnom de "Wicked" ("méchant", "vicieux") Pickett.

Le nom de Wilson Pickett est avant tout indissociable de celui d'Atlantic. Le chanteur restera dans l'histoire de la soul music comme l'un des artistes phare, dans la seconde partie des années 60, de la célèbre maison de disques new-yorkaise.

Atlantic, qui s'était déjà rendu célèbre en prenant sous son aile Ray Charles et Aretha Franklin, fit signer à l'ex-chanteur des Falcons (un groupe de doo-wop rhythm'n blues) un contrat en 1965.

Au delà de ses qualités naturelles d'interprète, Wilson Pickett était également connu pour ses qualités de "showman", ses apparitions scéniques, et ses tenues vestimentaires les plus excentriques.

Après avoir été happé par la vague disco dans les années 70, Wilson Pickett, sans jamais cesser d'exercer son métier, a disparu petit à petit du devant de la scène, se produisant régulièrement dans les années 80 dans des clubs de Manhattan puis dans le "chitlin' circuit" (littéralement "circuit de l'andouillette", un circuit des bars du sud profond des Etats-Unis réservé aux seconds couteaux du blues et de la soul).

Entre deux séjours en prison (en 1987 pour agression à main armée, en 1993 pour conduite en état d'ébriété), "The Commitments", le film d'Alan Parker paru en 1991 où il joue un petit rôle -le sien-, avait sorti temporairement cette ex-gloire tumultueuse de la soul music d'un relatif anonymat où il était ensuite retourné.

Ses dernières apparitions scéniques en France dataient de juillet 2003, avec notamment des prestations au festival de blues de Cognac et au Nice Jazz Festival.

source le monde www.lemonde.fr


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