Communiqué Ferarock
La Ferarock, fédération des radios associatives musiques actuelles, radios de découvertes, s’oppose à cette réforme , pour les raisons ici exposées. La Ferarock fédère depuis plus de 12 ans des radios associatives aux antennes dédiées aux musiques actuelles, particulièrement attachées au développement culturel de leurs régions.
En 1981, l’existence des radios libres est reconnue par la loi. Interdites de publicité, la dite loi prévoit une caisse de péréquation alimentée par un pourcentage sur les recettes publicitaires radios et télévisions, aux bénéfices des associations titulaires des autorisations. En 1984, ce fond est nommé FSER et est pérennisé pour aide au fonctionnement et à l’établissement des radios associatives. Il leur permet toutefois de diversifier leur ressources en autorisant 20% du budget global de la radio en publicité.
Pourquoi cette décision d’aider des médias à but non lucratif à exister ?
· Pour redonner l’espace hertzien à la société civile, espace lui revenant de droit , puisqu’il constitue un bien public inaltérable. (in : états généraux du tiers secteur audio visuel, mai 2001)
On comprend alors l’importance des médias associatifs au sein de la société. Ancrés dans leurs régions, ces médias accordent une importance particulière à faire exister leur environnement social et culturel. Ils permettent de mettre en avant la diversité sociale, politique et culturelle de notre pays, diversité qui n’est que très partiellement représentée dans les médias nationaux.
On sait qu’un pays ou les médias sont soumis à un quelconque ordre établi n’est plus réellement un pays libre. Il faut en être conscient, aujourd’hui en particulier. Les médias alternatifs (dans le sens ou ils offrent une alternative à ce qui est « massivement » proposé par ailleurs) et associatifs permettent de faire un contre point aux nuisances fatales provoquées par les médias commerciaux - et parfois publics- audiovisuels.
Aujourd’hui, le FSER est à nouveau remis en question.
Les sénateurs , alors que demain se fêtera le 25ème anniversaire de la libération des ondes, proposent une réforme du fond de soutien qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour le TSA, et plus généralement pour l’ensemble des radios associatives.
· Orienter les aides du FSER vers des aides à projets : dans des structures ou les emplois se raréfient, on va demander aux dirigeants de monter chaque année des projets novateurs et « méritants » leur permettant de toucher une subvention. Outre le problème purement salarial que pose cette proposition, elle est aussi la porte ouverte à un contrôle idéologique et politique des programmes : quel projet va-ton choisir de soutenir ? Sur quelles bases ? Et qu’en sera-t-il alors des aides au fonctionnement garantissant justement la pérennité permettant aux radios associatives d’engager de nouveaux projets ?
· Augmenter le plafond des ressources publicitaires de 20 %, afin d’encourager la diversification des ressources des radios locales : Logique, puisque l’on cherche à diminuer les aides publiques, on encourage les acteurs sociaux et culturels à se soumettre aux pressions commerciales. Or lorsqu’une radio associative décide de ne pas faire de publicité, c’est parce que cette dite radio véhicule une éthique et un respect de ses auditeurs. Pas de publicité sur l’antenne, c’est aussi la garantie d’un réel non assujettissement aux grands comptes, organes les plus puissants voire monopolistiques dans les régies publicitaires aujourd’hui. Qui envisagerait qu’une radio Ferarock fasse la promotion de Mac Machin ou d’un organisme de crédits ?
· Mesurer l’audience des radios locales, conformément à l’esprit de la loi organique du 1er août 2001 relative aux lois de finances : Le problème des sondages appliqués aux radios est qu’ils sont quantitatifs, et ne prennent en aucun cas en compte la qualité et la pérennité de l’audience. L’auditorat des radios associatives est un public attaché à son antenne, vivant une relation spécifique et de proximité avec son média. De plus les contenus des programmes diffusés par les médias associatifs font appel à l’esprit critique, à la démarche citoyenne, à la liberté d’expression, au débat sociétal. Comment en mesurer l’impact en terme de chiffres ? C’est d’une évaluation de leur utilité sociale dont les radios devraient bénéficier…
Les radios membres de la Ferarock, fédération des radios associatives musiques actuelles, radios de découvertes musicales, structures fortement attachées aux notions d’alternative, d’émergence des scènes locales, structures militant pour une réelle diversité musicale sur les ondes, radios d’artistes et espaces de liberté pour les citoyens considèrent cette proposition de réforme du FSER comme une atteinte grave à leur intégrité, et par là même à l’alternative médiatique française.
Notre pays est un pays démocratique et libre qui se DOIT de conserver dans les meilleures conditions possibles ses outils critiques . Le débat et le dialogue, l’espace citoyen est ce qui fonde une société capable de ré interroger en permanence les forces politiques, économiques et culturelles dont elles dépendent. Nos médias en sont les outils principaux.
Appel : à l’initiative de la fédération des radios associatives d’Ille de France dont nous soutenons et relayons l’action, les radios de la Ferarock appellent à la signature de la pétition http://radiosendanger.free.fr
La Ferarock appelle par ailleurs les fédérations professionnelles de son secteur, les artistes, les associations, les maisons de disques, les labels, les tourneurs, les salles de spectacle (…), ainsi que les élus et toute organisation ou personne concernée par la liberté des antennes à relayer ce communiqué.
Le 6 mars 2006
La Ferarock
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