EMI rachetée hier par un fonds dinvestissement
autour d’EMI, le numéro trois mondial du disque vient d’y mettre un terme en
annonçant hier avoir accepté une offre de rachat par le fonds de
capital-investissement Terra Firma, dirigé par l’homme d’affaires
britannique Guy Hands.
Terra Firma semble être arrivé in extremis lundi matin pour participer aux
enchères qui devaient s’arrêter à 9h GMT. « Le conseil d’administration a
reçu un certain nombre de propositions émanant de différentes parties, et
celle de Terra Firma est la plus attrayante » indique EMI, qui s’est vue
offrir 265 pence par action. Ce qui la valorise à 2,4 milliards de livres
(environ 3,6 milliards d’euros). Une offre jugée « juste et raisonnable »
par la major britannique qui avait rejeté en février une offre à 250 pence
par action de son concurrent américain Warner Music. Mais le rachat coûtera
au total 3,2 milliards de livres (4,8 milliards d’euros) à Terra Firma
puisque le fonds reprend à son compte le déficit d’EMI.
John Gildersleeve, président non exécutif du groupe, se félicite de cette
transaction qui « apporte de l’argent frais immédiatement », « sans les
incertitudes liées à la régulation » (cf. l’examen de la fusion Sony BMG par
Bruxelles, qui a sans doute pesé dans le rejet de l’offre de Warner) et
représentant un « risque opérationnel minimum pour l’entreprise ». Pour sa
part, Guy Hands déclare que son objectif est de « construire une des plus
grandes entreprises musicales du monde, et accélérer le développement de sa
stratégie numérique et en ligne pour exploiter pleinement cette opportunité
de croissance à long terme ». Selon l’agence Reuters citant une source
proche du dossier, l’acquéreur entend conserver EMI intact, en conservant sa
direction actuelle et en validant l’idée d’une titrisation de la filiale EMI
Publishing (voir newsletter GL Connection du 15 mai).
L’acceptation de cette offre de rachat est intervenue peu après qu’EMI ait
annoncé hier ses résultats annuels (dont la publication était prévue pour
mercredi). Lesquels accusent une chute de 61 % de son bénéfice imposable
courant et de 15,8 % de son chiffre d’affaires sur l’exercice clos fin mars.
Après cette annonce, l’action EMI a fini en hausse de 9,3 % à 271 pence à la
Bourse de Londres : un cours supérieur à celui de l’offre, sous-entendant
que les marchés financiers croient encore possible une surenchèree