Financement des festivals : les villes canadiennes arrivent en renfort

Publié le par lezarder

Mario Cloutier

La Presse

La Ville de Montréal et la Fédération canadienne des municipalités appuient la Coalition des festivals canadiens qui demande de distribuer dès cet été les sommes annoncées dans le dernier budget fédéral pour venir en aide aux festivals partout au pays.

«Le gouvernement fédéral devrait immédiatement libérer les fonds et faire, par la suite, la réflexion qu'il veut faire», souligne le maire Gérald Tremblay.

Le responsable de la culture à la Ville et maire de l'arrondissement de Ville-Marie, Benoît Labonté, ajoute que les festivals à Montréal représentent 12 000 emplois surtout saisonniers, 7 millions de visiteurs dans la région montréalaise en plus de 200 millions en retombées économiques dans la région.

«Les festivals sont importants dans le développement économique et culturel. Mais ce n'est pas juste à Montréal, c'est une problématique canadienne», explique-t-il.

À la suggestion de Montréal, la Fédération canadienne des municipalités a voté en fin de semaine une résolution demandant au gouvernement fédéral de verser les «sommes réservées aux festivals dans son dernier budget».

«Avec un tel appui, j'espère qu'elle (la ministre du Patrimoine, Bev Oda) va nous appeler aujourd'hui», insiste Luc Fournier, porte-parole de la Coalition des festivals canadiens et directeur général du RÉMI (Rassemblement québécois des événements majeurs internationaux). M. Fournier a confirmé à La Presse que le lobbyiste de Capitol Hill, David Angus, embauché par les festivals avait un contrat de deux ans pour une somme variant entre 250 000 et 300 000 $, même si «l'argent n'est pas dépensé», a-t-il précisé. Il considère que l'apport du lobbyiste a été essentiel dans l'annonce d'un nouveau programme de 30 millions par année pour subventionner les festivals canadiens, même si Ottawa ne bouge pas d'un cran.

Les présidents des deux plus grands festivals à Montréal, Gilbert Rozon et Alain Simard, ont réitéré hier que leurs organisations accuseraient probablement des déficits cette année puisque le gouvernement fédéral a fermé la porte jusqu'ici à un fonds temporaire d'un montant pouvant varier entre 3 et 5 millions.

Mais peu d'activités seront affectées, ajoutent-ils. «À 35 jours du festival, je ne peux rien enlever», explique le grand manitou de Juste pour rire, Gilbert Rozon. Le président du Festival international de jazz, Alain Simard, de son côté, mentionne que le service de sécurité pourrait être affecté et que certains écrans géants risquent de disparaître, mais pas cet été.

«Notre marge de manoeuvre est très serrée au Jazz, souligne M. Simard. Pourtant, la ministre Oda possède un fonds transitoire, depuis la fin du programme des commandites, pourquoi ne met-elle pas l'argent dans ce fonds qui a déjà des critères établis?»

 

La Sainte-Cat fermée tout l'été?

 

Parmi les projets en discussion sur les activités extérieures des festivals, l'un d'eux propose de fermer la rue Sainte-Catherine entre le complexe Desjardins et la Place des Arts tout l'été. Des équipements permanents, eau et électricité, y seraient installés pour faciliter la tenue des festivals et, éventuellement, accueillir d'autres événements.

Les discussions sur ce tronçon de la rue Sainte-Catherine, situé entre les rues Jeanne-Mance et Saint-Urbain, ont lieu, mais ce n'est qu'un des projets à l'étude devant permettre aux festivals montréalais de conserver un espace raisonnable pour leurs spectacles extérieurs. Le développement du centre-ville cause bien des maux de tête au président du Festival de jazz et des FrancoFolies, Alain Simard. «Près de la moitié de nos sites extérieurs sont menacés», a dit M. Simard.

Dans son programme officiel, dévoilé aujourd'hui, le FIJM montre un plan de sept espaces menacés autour de la Place des Arts. Les plus importants sont l'esplanade de la PdA, où sera construite la future salle de l'OSM, l'Ilôt Balmoral, dont une partie devrait abriter la Place des festivals, et, évidemment, la disparition du Spectrum prévue à l'automne.

Le Festival de jazz indique d'ailleurs qu'il souhaite créer une Maison du festival et un club de jazz pour son 30e anniversaire dans deux ans. Il compte ainsi «être enfin reconnu à sa juste valeur dans sa propre ville et recevoir un appui des pouvoirs publics qui lui permette d'assurer son mandat à l'année, peut-on lire dans le programme.

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